Une religion d'amour - Frédéric Fourgassié #Reflets d'actualité, un regard chrétien sur l'actualité de la semaine

11 novembre 2020 - 392 vues

L’actualité, depuis quelques temps déjà, oscille quasi quotidiennement entre ces deux thèmes récurrents que sont les conflits ayant pour base les oppositions religieuses, que ce soit en France ou de par le monde et bien sûr, les méfaits causés par la pandémie du Coronavirus en France et dans le monde. Et au moment où je rédige cette chronique, la France est une fois de plus et à nouveau confrontée à une attaque terroriste.
Ce WE à Conflans-Sainte-Honorine, un homme, un enseignant, a été décapité par un intégriste musulman qui lui faisait reproche d’avoir montré dans sa classe, à ses élèves, dans le cadre d’un éveil à la conscience et au respect de la laïcité, des caricatures du prophète de l’Islam, celles-là mêmes produites par les dessinateurs de Charlie Hebdo.
Vais-je donc faire une nouvelle chronique pour dénoncer ces excès, cette intolérance, le dégout et le rejet que nous inspirent ces actes barbares ? Nous sommes nombreux et majoritaires dans notre pays de France, que l’on soit laïcs, chrétiens, bouddhistes, ou bien d’autres encore à dénoncer quasi unanimement, autorités musulmanes en tête, ces actes d’intolérance. Ils sont dénoncés et condamnés et notre antenne, notamment dans le cadre de ces « Reflets d’Actualité », s’en est déjà plusieurs fois fait l’écho.
Il ne s’agit pourtant de l’oeuvre que de quelques fanatiques ignorants des enseignements du coran et de ces prescriptions et uniquement galvanisés par ces imams autoproclamés, extrémistes radicalisés, non reconnus par les autorités musulmanes officielles de France.
Oui bien sûr, dénoncer, désigner du doigt, mettre à l’index, se désolidariser de ces comportements inadmissibles…
Mais je me suis demandé s’il n’y avait pas une autre conséquence, un autre risque tel celui qui se profile et qui est déjà là chez nombre d’observateurs lorsqu’ils se disent en toute logique, et on l’entend çà et là :
- Mais c’est incroyable ça le mal que peuvent faire toutes ces religions et toutes ces croyances. Cela fait des siècles, voire des millénaires que cela existe et qu’au non de leurs divinités ou de leurs croyances les adeptes de ces différentes façons de célébrer leur culte tuent et massacrent tous ceux qui ne pensent ou n’agissent pas comme eux.
Et dans un raccourci somme toute bien compréhensible, beaucoup en viennent à penser, voire à dire tout haut, je l’ai encore entendu cette semaine :
- Supprimons toutes les religions, interdisons-les d’exercer, de proliférer et de se répandre comme une lèpre. On sera ainsi beaucoup plus libre et heureux sans la pression de ces « fous de dieu » et de leurs agissements néfastes !
Oui cette pensée existe et elle s’exprime et refait surface chaque fois que des exactions sont faites au nom de la religion. On peut comprendre ce réflexe de peur et de rejet face à ces dérives. Aujourd’hui, celle d’un islam radical, mais hier face aux exactions d’une religion chrétienne semant la terreur par l’inquisition et le bûcher.
Cela, c’était au temps où autorités civiles et religieuses se confondaient en une seule autorité.
Il a fallu du temps pour dissocier ces deux entités et ce n’est dans le fond qu’assez récemment que l’Eglise et l’Etat ont vu leur autorité séparée, du moins en France. C’était en 1904, dans une loi promulguant et imposant cette séparation.
Faudra-t-il ainsi aller plus loin en interdisant tous cultes, quels qu’ils soient comme certains l’évoquent suite à la violence imposée par certains fanatiques ?
Cela pourrait surement satisfaire ceux qui n’ayant pas la foi, réclament cette interdiction.
Mais il y a tout lieu de penser que les croyants, les fidèles, pacifiques et respectueux : et des autres croyances, et des diverses autorités se trouveraient ainsi mis à l’index et que surement des cultes clandestins et souterrains verraient alors le jour comme ce fut le cas aux temps des Huguenots, au moment de la réforme protestante dans l’Europe des XVème et XVIème siècle.
L’URSS, au début du XXème siècle, l’a bien compris puisque les autorités d’un communisme naissant et bien qu’imposant une laïcité hostile à toute religion, n’ont toutefois pas cherché à interdire les cultes de l’église Orthodoxe ces citoyens, chrétiens, représentant des millions de fidèles dans cet immense pays.
Vous qui nous écoutez, vous le savez, vous l’entendez, notre radio et ses programmes défendent une foi chrétienne pacifique et cette foi et cette espérance sont plus que jamais nécessaires au chrétien qui y puise force et réconfort.
Nous vivons en effet dans un monde qui doit faire face à des violences religieuses, mais aussi à cette incroyable pandémie qui met à mal santé et économie et dont nous ne savons jusqu’où elle nous emmènera dans le temps.
Il faut aussi faire face à cette sourde angoisse qui monte en nous lorsque l’on veut se projeter dans le futur car nous nous heurtons de plus en plus souvent à ces constatations que renvoie la terre. Car comment ne pas être inquiet face à l’explosion démographique de la terre, alors que dans le même temps, ses ressources s’épuisent, face aux conséquences du réchauffement climatique et qui ne laissent guère de place à l’optimisme. Devant les grandes craintes de son existence, le croyant se tourne tout naturellement vers Dieu et cherche à comprendre ses plans afin de faire face aux circonstances et aléas de sa vie.
En ces temps de troubles et au moment où la religion est de plus en plus : soit attaquée, soit méprisée et rejetée, il reste nombres de croyants, des chrétiens qui, confiants dans les messages d’espérances de la bible et du Christ, mettent leur foi et leur confiance en ce Dieu et Père qui, il l’a promis, jamais n’abandonnera ses enfants, ses créatures, au moment où précisément l’humanité en a le plus besoin.
C’est cette croyance que nous voulons défendre, faire connaître et vivre quotidiennement.
Nous détournant de ces croyances d’un Dieu qui punit, châtie, demande vengeance, sacrifice et réparation, nous voulons présenter et défendre un Dieu de tolérance, de pardon, de douceur et d’amour.
Je ne reconnais pas le Dieu d’amour que je connais et que j’adore dans les violences de ces fanatismes, c’est pourquoi je ne peux que me dissocier et ne peut que me tenir éloigné de ces revendication et exactions prônant la vengeance et semant la mort.
Loin de toute autre considération nous ne demandons qu’à vivre notre culte de prière et d’adoration dans la paix, le partage et l’amour, car nous ne nous réclamons que de la tendre autorité d’un Père bienveillant qui ne veut que le bonheur et l’épanouissement de ses enfants dans la liberté d’un amour partagé.


Joël Fayard – grandir@gmx.fr 20 octobre 2020