Mémoires d'un juste - À chacun son livre proposé par Cécile Masson

18 octobre 2021 - 374 vues
Télécharger le podcast
Mémoires d’André Trocmé


C’est avec beaucoup d’émotion que j’évoque avec vous aujourd’hui les Mémoires d’André Trocmé. Le nom de ce pasteur protestant est étroitement lié à celui du Chambon-sur-Lignon, petite commune rurale de Haute-Loire qui a sauvé entre 3 000 et 5 000 juifs pendants l’occupation, dont une majorité d’enfants. Cela a valu le titre de « juste parmi les Nations », donné au village tout entier, ce qui est un cas tout à fait exceptionnel. Mais revenons à notre livre...

L’autobiographie d’André Trocmé est passionnante parce qu’elle nous éclaire sur son enfance, sa jeunesse, et tout ce qui lui a permis de forger son caractère et ses convictions, jusqu’à accomplir des actions héroïques, que lui-même ne présente d’ailleurs pas du tout de cette façon. Il nait au tout début du 20ème siècle à St Quentin, dans le Nord de la France, dans une famille bourgeoise de la HSP (Haute Société Protestante). Son père est un patron de l’industrie textile et sa mère meurt sous ses yeux d’un accident de voiture lorsqu’il a 9 ans à peine.

Mais un autre fait va marquer toute sa vie : sa famille est franco-allemande. Sa mère est la fille d’un pasteur allemand, et la moitié de ses cousins sont germains. Lorsque la 1ère guerre mondiale éclate, le Nord de la France est occupé. Dans sa propre maison, une grande bâtisse familiale, les Allemands prennent leurs quartiers. Là, de façon très inattendue, il vit une expérience humaine très forte de fraternisation avec un soldat allemand qui est chrétien et pacifiste. Depuis ce moment, et pendant toute sa vie, il gardera le pacifisme chevillé au corps, ce qui lui vaudra la plus grande incompréhension de sa hiérarchie et de grandes difficultés lorsqu’il fera le choix de devenir pasteur.

Après la 1ère guerre mondiale, il suit donc des études de théologie, à Paris d’abord, puis à New York, où il devient aussi précepteur des enfants Rockfeller ! Il y rencontre également Magda, une belle italienne au caractère bien trempé, qu’il épouse en 1925.
Son histoire devient alors celle d’un couple. Complémentaires et unis, André et Magda s’engageront d’abord dans le département ouvrier du Nord, puis, ils partiront au Chambon, dans un milieu rural qui leur est alors inconnu et où ils passeront, malgré la guerre, les plus belles années de leur vie. Avec le pasteur Théis et quelques autres, ils fonderont également le Collège Cévenol, qui aura un rayonnement international.

Il est impossible de résumer en quelques lignes un livre de plus de 500 pages, mais si riche et si inspirant que je le conseille sans réserve...

Mémoires d’André Trocmé, préface et notes de Patrick Cabanel, Ed. Labor et Fides, 29

Une chronique en partenariat avec les éditions Palanquée