Les cerfs-volants de Romain Gary - À chacun son livre

20 septembre 2021 - 410 vues
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Les cerfs-volants de Romain Gary

Je vous emmène aujourd’hui à la redécouverte d’un auteur célèbre que j’aime beaucoup, Romain Gary, et d’une de ses oeuvres peu connues : Les cerfs-volants.

Entré dans l’histoire de la littérature française pour avoir reçu 2 prix Goncourt pour Les racines du ciel et La vie devant soi, publié sous le pseudonyme d’Emile Ajar, Romain Gary est un écrivain d’origine russe. Mais il a été également diplomate, aviateur, militaire, résistant, scénariste ou réalisateur à différentes périodes de sa vie.

Les cerfs-volants est son dernier roman publié de son vivant. Il s’agit de l’histoire d’un amour fou et contrarié entre deux jeunes gens que tout oppose : Ludo, un garçon de la campagne Normande et Lila, une jeune aristocrate polonaise, fille du comte Bronicka, qui vient passer ses vacances avec sa famille dans le coin.

Ludo est un jeune orphelin, élevé par son oncle, qui fabrique des cerfs-volants magnifiques, célèbres dans toute la France et au-delà, et qu’on appelle « le facteur timbré ». Ludo possède une qualité familiale qui le rend hors normes et du coup suspect pour la population locale : une mémoire prodigieuse qui lui permet d’accomplir des prouesses tout à fait exceptionnelles.

La guerre sépare Ludo de Lila, restée en Pologne et dont il n’a plus aucune nouvelles à partir de l’invasion du pays par les troupes nazies. Il va alors employer tous les moyens pour la retrouver et pour résister à l’adversité. D’abord à titre personnel, il utilise le pouvoir de la mémoire et de l’imagination pour ne pas sombrer. Mais il s’engage également dans la Résistance où ses capacités hors normes lui sont très utiles.

On retrouve dans ce livre tous les thèmes qui sont chers à Romain Gary : la force de l’imagination pour résister à l’adversité, une figure féminine aimée et rêvée qui tient une place centrale, les personnages hors du système qui cherchent à maintenir la flamme de l’espérance, l’idéalisme, l’appel à la résistance et à la fraternité entre les hommes.

J’ai beaucoup aimé un des personnages secondaires, une vieille mère maquerelle juive au grand coeur, qui ne va pas sans rappeler Madame Rosa de La vie devant soi, un autre roman que je conseille également sans réserve à ceux qui ne l’auraient pas encore lu.

Le style de l’écrivain est très agréable à lire, proche du langage oral et plein de poésie. Le suspense est mené jusqu’au bout, avec un mélange de romantisme, de drame et d’ironie.

Un de ces romans qu’on ne lâche plus un fois qu’on les a commencés, un cri d’espoir et de courage qui nous emporte vers le ciel, comme un cerf-volant.

Les cerfs-volants, Romain Gary, Ed. Folio, poche, 9,20 .
Chronique de Cécile Masson en partenariat avec les éditions Palanquée