Bas les masques - Reflets d'actualité avec Joël Fayard

26 septembre 2020 - 159 vues
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Reflets d’actualité
Une approche chrétienne de l’actualité de la semaine

Joël Fayard, « Bas les masques »


Il y a plusieurs années déjà j’avais été interpellé par un reportage qui décrivait la vie dans les grandes agglomérations chinoises. Et mon étonnement avait été grand lorsque ce reportage avait montré nombre d’habitants qui se déplaçaient portant un masque. Non pas toute la population, non, mais quelques-uns, par-ci, par-là.
C’était en tous cas quelque chose de tout à fait inhabituel pour moi à l’époque et de jamais vu, ni pratiqué ici dans les rues de nos villes occidentales.
Dans ma pensée d’occidental donc et ne connaissant rien de la Chine, je pensais immédiatement que la pollution (phénomène bien connu dans ces grandes villes) était telle là-bas que les plus fragiles de ses habitant se protégeaient comme ils le pouvaient. Et que s’ils avançaient ainsi masqués dans la rue, c’était afin de protéger leurs bronches des effets de la pollution.
Mais à mon étonnement, le reporter expliqua la raison du port du masque, et ce n’était pas du tout celle que je croyais.
– L’habitude et la tradition du port du masque, expliqua-t-il, est très répandue ici, en Chine. Le masque est en fait porté depuis longtemps ici par tous ceux qui ayant un rhume ou une infection contagieuse ne veulent pas contaminer les personnes autour d’eux. C’est donc par respect pour ceux qu’ils croisent et afin de ne pas les contaminer, empêchant ainsi que leurs propres microbes ou virus ne se répandent que les populations, là-bas, portent un masque.
Je rappelle avoir vu ce reportage dans les années 2010 ! Mais pourquoi donc dans une chronique traitant d’actualité faire référence à un reportage aussi ancien ?
Oh vous avez surement déjà fait le parallèle avec la situation actuelle de ce mois de septembre 2020 où les populations sont appelées à porter le masque ici, chez nous, en France, pour se protéger et pour empêcher la propagation et l’expansion du redoutable Covid-19.
Mais rappelons brièvement les faits…
Lorsqu’en début de cette année 2020 on commença à parler de ce virus, une des manières recommandées pour s’en protéger fut, parmi d’autres consignes qui étaient : de se laver régulièrement les mains, la distanciation sociale, pas d’accolades et ne pas se serrer la main pour se saluer. Et il fut en effet en plus demandé de porter un masque et de se désinfecter régulièrement les mains avec une solution hydroalcoolique.
Et c’est là que les difficultés commencèrent. Personnes n’ayant anticipé cette crise, la pénurie de masques et de solution hydroalcoolique fut très rapidement là !
Tollé alors dans les populations.
Relayé par les médias la pénurie fut bien sûr attribuée aux dirigeants actuels, mais aussi aux gouvernements successifs qui (par économie probablement) n’avaient pas su anticiper et s’était laissé « piégés », mettant ainsi la France face à une pénurie « inacceptable ».
La communication gouvernementale ne fut surement pas non plus exempte de reproches, et maladroitement celui-ci expliqua que le masque n’était pas somme toute pas indispensable.
Mais dire que le produit dont on avait besoin n’était pas indispensable alors même qu’il n’y en avait pas, cela fut considéré, opposition en tête, comme une dérobade et pour le moins pour une façon de botter en touche tout à fait inadmissible.
Mais le temps passa et au bout de quelques mois les masques, les solutions hydroalcooliques remplirent à nouveaux les rayons de nos pharmacies et grandes surfaces. Après une astreignante période de confinement, la pandémie commença à reculer et arriva enfin l’allègement des mesures de précautions sanitaires.
Hélas ce que l’on redoutait arriva sous la forme d’une deuxième vague de contagions. Nous y sommes en ce mois de septembre. Oui mais cette fois il y a nombre de stocks de masques et profusion de solutions hydroalcooliques. Mais alors tout va donc bien dans le meilleur des mondes, nous avons les moyens et la possibilité de faire face cette fois !
Et bien pas tout à fait, car une partie de la population (avec forces pétitions et manifestations) refuse catégoriquement et obstinément, maintenant qu’il y en a suffisamment, le port du masque ! Certains affirment aujourd’hui : les informations de la reprise de la pandémie et surtout de l’imposition du port du masque pour se protéger des effets du Covid se situe entre conspiration et théorie du complot.
Est-ce la peur que la situation économique ne s’aggrave encore, est-ce le « ras-le-bol » de toutes ces contraintes ? Le port du masque il est vrai en ces dernières périodes de fortes chaleurs a été particulièrement pénible à porter.
Toujours est-il que, certains l’affirment, le port du masque n’empêche ni ne protège celui qui le porte et donc on veut s’en débarrasser aux cris de : « arrêtez de nous imposer le port de ce masque inutile » !
Je n’ai aucune compétence médicale en la matière, mais si j’en juge par le bon sens, l’observation et ces constatations faites en Chine et rapportées au début de cette chronique, peut-être serait-il temps que l’on se rappelle de l’utilité du port du masque et à quoi il sert réellement.
Il est en fait en premier lieu destiné à protéger notre entourage, à empêcher la propagation du virus si jamais nous en étions porteurs, même sans le savoir.
Pour mémoire, rappelons-nous que lorsqu’un chirurgien porte un masque en salle d’opération, tout le monde sait bien que c’est bien pour protéger l’opéré et non pour se protéger lui-même !
Il s’agit donc bien d’un effort de protection que j’offre à autrui et non de ma propre sécurité, même si l’on peut imaginer, les voies respiratoires étant protégées, que je serai moins touché si j’en porte un et que je me trouve au contact d’une personne porteuse.
Compris ainsi et loin de toute contestations complotistes peut-être aurons-nous plus de facilités à porter notre masque puisque ce faisant et avant tout, je protège les autres et empêche, ou tout le moins limite, la propagation du virus.
N’est-il pas là le but essentiel, notre solidarité et notre part à accomplir en cette période si particulière ?


Joël Fayard