Une déferlante verte - Reflet d'actualité, une chronique qui porte un regard chrétien sur l'actualité - Joël Fayard

30 juin 2020
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« Une déferlante verte »


« Déferlante écologique », « Vague verte », ce sont, au lendemain des élections municipales de ce dimanche 28 juin 2020, quelques-uns des titres de nos journaux nationaux.
Il est bien vrai que de voir de grandes mairies comme : Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, mais aussi Poitiers, Annecy, Tours, Besançon et bien d’autres passer ainsi aux mains des verts, c’est pour le moins, historique !
Et si, comme à Paris, l’étiquette politique n’est pas celle des Verts, la tendance écologique est clairement affichée lorsque l’on sait que la socialiste Anne Hidalgo est réélue alors même qu’elle a annoncé vouloir faire passer la circulation dans les rues de Paris de 50 à 30 km/h. Malgré les agacements, protestations, déclarations hostiles face aux annonces de ces programmes restrictifs, ce sont nombres de ces programmes attentifs à la sauvegarde de la planète qui sont soutenus et leurs représentants élus.
Une conscience écologique semble donc émerger et si l’on ne sait pas toujours quoi mettre derrière ni imaginer vers quoi ces politiques vont conduire le pays il semble que le souci de l’avenir l’emporte et que face à certains défis et catastrophes annoncées, les électeurs aient choisi de confier leur destinée à des élus verts qui semblent les mieux à même de maîtriser un avenir que d’aucuns estiment incertain ou pour le moins anxiogène.
En même temps la participation n’a jamais aussi basse avec une abstention de 60%. Comme si l’avenir de la cité ne mobilisait que très peu de citoyen ou, plus grave, que l’on ne croyait plus aux solutions proposées par nos élus.
Il faut dire que cette fois on ne peut plus nier les effets sur la planète des activités humaines. Avec stupeur on s’est aperçu qu’en l’espace d’à peine deux mois, alors que les activités humaines polluantes étaient suspendues pour cause de Covid-19, la pollution s’était très fortement résorbée sur la planète, voire avait quasiment disparue, des photos satellites étant venues le certifier.
En somme on a le choix : ou bien produire et asphyxier la planète et sa population, ou bien arrêter ou réduire toutes activités polluantes au risque de rendre la vie impossible puisqu’il faut bien produire pour continuer de consommer et de vivre.
Cet arrêt de toute activité industrielle durant ces deux mois à désorganisé les pays, commerces et industries à travers le monde et à l’heure où les activités reprennent, l’inquiétude est palpable. Car les mêmes causes produisant les mêmes effets il est fortement à craindre que l’on recrée les mêmes schémas de pollution et de destruction de la planète qu’auparavant !
Il est probablement là le signal qu’envoie les populations inquiètent en donnant leurs voix aux représentants écologistes.
Et voilà, c’est fait, les Verts s’installent dans nombre de mairies, mais pour faire quoi ? Par quel bout prendre ce défi fantastique et apporter des solutions viables et salutaires pour tous ? Les populations seront-elles d’accord, suivront-elles les consignes de limitations et de restrictions que ces nouveaux élus auront sûrement à coeur de mettre en place, fort de leur nouveau mandat ?
Des idées naissent et apparaissent çà et là et on vient par exemple de voir émerger les 150 propositions de la « Convention citoyenne pour le climat ».
Cette convention a réuni 150 personnes, toutes tirées au sort ; panel représentatif de la diversité de la population française. Elle a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 (il reste donc 10 ans pour y parvenir !) dans un esprit de justice sociale.
Après plus de 8 mois de travail (puisqu’elle fut constituée en octobre 2019), après de nombreux jours d’auditions et de débats, les 150 membres de cette Convention Citoyenne pour le Climat ont rendu leurs propositions au gouvernement.
Et ces propositions abordent de très nombreux thèmes comme :
• Transformer nos habitudes de consommation
• Se loger en revoyant les émissions de gaz à effet de serre que cela soit dans la construction comme dans la façon de vivre dans l’habitat
• Comment se déplacer et transporter autrement les marchandises
• Produire et travailler différemment en respectant l’environnement
• Mieux cultiver et se nourrir, en réinventant un système alimentaire durable et accessible à tous d’ici 2030.
Ces propositions viennent d’arriver sur la table du Président de la République qui les a approuvées dans leur grande majorité. C’est à lui à présent de trancher. Il peut légiférer par arrêté, débat au parlement ou par référendum, c’est à lui à présent et au gouvernement de prendre leurs responsabilités.
Mais à peine nées ses propositions on bien sûr immédiatement été combattues, et avec quelle virulence, par ceux qui craignent que ces mesures n’entrainent un ralentissement de la reprise ou simplement des contraintes sur nos habitudes de vies – comme de baisser la vitesse sur nos routes et autoroutes, impossible disent certains de toucher à nos sacro saintes « bagnoles », ou d’acheter un T-Short en promo à 3€ l’unité, sachant bien qu’à ce prix (marges des commerçants et intermédiaires comprise !) il ne peut provenir que de petites mains indiennes, pakistanaises, du Bengladesh ou d’ailleurs. Et tant pis pour la pollution, pour les conditions de vie et les effets sur la planète et les populations. Car le dilemme est bien là : relancer la production, la croissance, donner du travail, consommer, mais hélas et ce faisant, reproduire les effets dévastateurs sur le climat et les populations, en hâtant les catastrophes annoncées par les scientifiques, écolos et divers observateurs.
Les choix sont à nouveaux devant nous, l’avenir de la planète entre nos mains. Notre responsabilité face aux génération futures est entière, même s’il est sûr que la conscience de notre responsabilité est bien diluée et moins lourde à porter puisqu’elle ne représente, peut-on se dire qu’une seule voix sur les huit milliards d’habitants que compte aujourd’hui notre terre.
La France a souhaité des municipalités vertes et l’on peut se dire que c’est pour que nos élus appliquent des engagements de respect et de survie de la planète.
Allons-nous les laisser mettre en place ces orientations ou bien seront nous arc-boutés sur le moindre risque de restriction de nos libertés ? Quel sera notre choix ?
C’est à chacun de l’écrire maintenant.


Joël Fayard